RDC : fin du dialogue national en grande pompe…et des interrogations

POLITIQUE

RDC : fin du dialogue national en grande pompe…et des interrogations

Le président de l'UNC Vital Kamerhe, apposant sa signature su l'accord, ce mardi 18 octobre 2016 à la cité de l'OUA. Le président de l'UNC Vital Kamerhe, apposant sa signature su l'accord, ce mardi 18 octobre 2016 à la cité de l'OUA.

18 octobre 2016 | Par Yvon Muya

 

Le dialogue politique convoqué par le chef de l'État Joseph Kabila s'est, enfin, terminé par un accord ce mardi 18 octobre 2016 en RDC. Le texte prévoit la tenue des élections en 2018 sans donner de date précise. De quoi susciter des interrogations. Mais l'heure était d'abord à la célébration.

Jour de fête sur le mont Ngaliema. Où se situe cette fameuse cité de l’OUA qui veille sur Kinshasa. Pendant presque 40 jours, son ombre n’avait jamais autant plané sur la capitale congolaise. Qui attend. Et, attend encore. un dénouement indéfiniment reporté. Reporté, notamment, par le sang qui a coulé le 19 et le 20 septembre. Une pause douloureuse imposée aux délégués par les manifestations des « anti-dialogue ». Mais, pour le plus grand bonheur du pouvoir congolais, le « soleil finit toujours par apparaître ». La fumée blanche est, enfin, sortie du chapiteau blanc installé au camp Tshatshi. Jour de de fête pour la Majorité présidentielle.

Dans la salle l’émotion est forte. Lorsqu’arrive le moment pour les chefs des délégations de signer l’accord. Lorsque, aussi, la presse se bouscule pour ne pas rater le moment clé de la journée : la signature de…Vital Kamerhe. Jusqu’au bout l’ancien président de l’assemblée nationale aura porté à bout de bras le forum.

Élections dans 6 mois à partir du 31 juillet 2017

Mais dans quelle direction le président de l’UNC dont le nom revient avec insistance pour devenir le prochain premier ministre, dans quelle directions lui et les différentes composantes ont-ils embarqué le pays ?

Le document signé ne donne pas de calendrier (c’est le rôle de la CENI), mais des éléments du calendrier. Un nouveau fichier électoral devrait-être prêt au 31 juillet 2017. Puis, les scrutins sont convoqués le 30 octobre 2017. Ensuite, l’accord charge la commission électorale d’organiser les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales dans un délai de 6 mois.

« Il s’agit d’une perspective de sortie de crise, a rassuré Jean Lucien Bussa, président du CDR qui accuse les autres (le Rassemblement) de ne rien proposer. Même tonalité du côté de l'ancien bras droit de Vital Kamerhe, Justin Bitakwira qui plaide,lui, pour une « petite parenthèse pour aller aux élections ».

 

« Un jour historique »

Cette petite parenthèse, les autorités congolaises la doivent aussi au facilitateur de l’Union Africaine. Dans un discours très offensif, Edem Kodjo a salué « un jour historique pour le Congo ». Mais il avait aussi des comptes à régler à cette opposition réfractaire au dialogue qui l’a récusé tout au long du processus.

« La récusation a été rendue vaine par le renouvellement de soutien par la présidente de la commission de l’Union africaine Dlamini Zuma et la Communauté internationale », a taclé l’ancien premier ministre togolais. Saluant la Majorité présidentielle et, surtout, l’Opposition au dialogue pour avoir su « résister face à des menaces à peine voilées ». Et pour la route, Edem Kodjo de rappeler (encore) ce fameux accord de Paris signé, secrètement, entre la MP et l’UDPS.

Beaucoup plus diplomatique, le commissaire à la paix et la sécurité, Smaïl Chergui, a, quant à lui, invité le Rassemblement et les autres absents à rejoindre le processus de mise en œuvre de l’accord. Un accord qu’il a décrit comme un « acte fondateur », censé jeter les bases d’une « paix durable ».

Après le dialogue, la ville morte

Mais il faut plus que la "perspective de sortie de crise" de Bussa et "la petite parenthèse" de Bitakwira pour infléchir la position de la coalition rassemblée autour d’Étienne Tshisekedi. Celle-ci appelle les congolais à rester à la maison ce mercredi 19 octobre. Une ville morte pour protester contre l’absence des élections.  

Il y a un mois, jour pour jour, une manifestation similaire s’est soldée par la mort des dizaines de personnes, suscitant des réactions internationales.

Dans ce contexte tendu, l’Union européenne a appelé le chef de l’État Joseph Kabila à se prononcer sur ses intentions et à un dialogue plus inclusif.

Si l’accord de la cité de l’OUA constitue un grand pas dans la résolution de la crise, le problème demeure entier. L’après dialogue a, par contre, redéfini la carte politique congolaise. Avec d’un côté, les défenseurs de « l’accord », la MP et l’opposition « pro dialogue » partageant désormais les mêmes intérêts, et de l’autre, le Rassemblement qui soupçonne, toujours, une manœuvre pour « maintenir à vie » le président de la république au pouvoir.

Bref, il y a toujours un pouvoir en place et une opposition qui lui conteste sa légitimé. À l’approche du 19 décembre 2016.

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